Chicoutimi et son histoire

 

Histoire

 

Occupation Amérindienne

Le territoire de Chicoutimi aurait été fréquenté, au départ, par les tribus Montagnaises du Saguenay. La tribu des Chicoutimiens, qui était nomade dans la région du Saguenay, bien avant l’arrivée des européens, empruntait les portages aux abords de la rivière Chicoutimi, pour se rendre au Lac Kénogami puis au Lac-Saint-Jean ( Lac Piekouagami à l’époque ). L’ actuel site de la ville, qui marque la fin de la navigation sur le Saguenay, servait de lieu de rencontre pour ces tribus. Il y eu également une présence iroquoienne, 3 millénaire avant notre ère, à la confluence de la rivière Chicoutimi et du Saguenay.

 

Le XVIème et XVIIème siècle

 

Découverte du territoire

Pour qu’un premier explorateur pose le pied sur l’actuel territoire de Chicoutimi il faudra attendre le Père Jean Dequen, qui, à la demande des tributs du Lac Piekouagami ( Lac Saint-Jean ) atteint d’une épidémie dévastatrice, empruntera la rivière Chicoutimi pour atteindre le Lac Kénogami puis le Lac Saint-Jean du 11 au 16 juillet 1647.

En mai 1652, l’épidémie perdure toujours et force l’établissement d’une mission au Lac Saint-Jean par les jésuites qui prennent la même route que le père Jean Dequen pour se rendre à destination. Selon leurs récits, parce que l’épidémie faisait des ravages importants, plusieurs sépultures amérindiennes jonchaient les rives du Saguenay. Les missionnaires emprunteront cette route jusqu’en 1671 pour venir en aide aux tributs victimes de l'épidémie et de la guerre contre les iroquois.

La première mention du nom Chicoutimi remonterait à cette époque. En l’an 1661, on pouvait lire dans La Relation du Père Gabriel Bruillet et Claude Dablond :

«Chicoutimi, lieu remarquable pour être le terme de la belle navigation et le commencement des portages »

 

Poste de traite sur la rivière Chicoutimi

Suite à la commercialisation du territoire du Domaine-du-Roy par la Traite de Tadoussac en 1652, des commerçants construisent une maison à l’embouchure de la rivière Chicoutimi dans le but d'en faire un poste de traite en 1671. Le père de Crépieul, un jésuite, vient visiter le site entre 1673 et 1674 et constate la présence de 200 amérindiens agglomérés autour du poste dans le but d'y vendre leurs pelleteries.

Le poste de traite devient officiellement le chef-lieu du réseau de commerce des fourrures dans le Domaine-du-Roy en 1676. On décide également de placer une mission sous le patronage de Saint François-Xavier dans une chapelle près du poste qui sera réaménagé. La construction des installations permanente ( le poste agrandi, la chapelle et l'entrepôt ) débute sous l'administration de Charle Bazire, le 24 juillet de la même année pour se terminer, deux mois plus tard, le 27 septembre. Construit sur un monticule de granit à l'entrée de la rivière Chicoutimi, le poste et la chapelle accueillent plus de 400 chasseurs au mois de juin 1677 pour une cérémonie religieuse.

Sur le plan de la productivité, on parle presque d'une traite de Chicoutimi. Alimenté par les villages amérindiens du Lac Kénogami, le poste de Chicoutimi produit, à lui seul, plus de pelleteries que tout le reste du Canada réunis en 1684.

 

XVIIIème siècle

 

Déclin du Commerce des fourrures

La surchasse des amérindiens qui vide le territoire de sa faune et le contexte économique entraîne le poste de traite de Chicoutimi dans un quart de siècle de déclin ( 1698-1715 ). Depuis la pacification des iroquois, plusieurs routes vers l'ouest s'étaient ouvertes et le poste stagnait sous une mauvaise administration et par la présence de corruption.

Pour que le poste renaisse, il faudra attendre la venue du Père Laure en 1720. Ce dernier reprendra possession des lieux au milieu des décombres et des amérindiens ivres. Le père Laure y fixa sa résidence en 1725 et y vécu jusqu'à sa mort en 1738. Il redonna au poste de Chicoutimi ses lettres de noblesse.

En 1739, le père Clade Godefroy Coquart prend la relève et assure le service jusqu'en 1765. Le poste de Chicoutimi redeviendra prospère jusqu'à la fin du régime français.

 

Sous le régime Anglais

Suite à la défaite sur les plaines d'Abraham, à Québec, et à la capitulation de Montréal, la Nouvelle-France tombe sous domination anglaise. Le traité de Paris vient confirmer le statut de la colonie.

Le changement de régime n'affecte pas vraiment les missionnaires jusqu'à l'arrivée de l'Imprudent sur le Saguenay devant le poste de traite . Lespelleteries sont perquisitionnées par les soldats anglais comme prise de guerre et ceux-ci maintiendront des soldats sur place pendant quelques années.

Le 20 septembre 1762, deux marchands de Québec, Thomas Dunn et John Gray louent l'exploitation de la chasse et la pêche sur le territoire du Saguenay. Se joindront à eux William Grant en 1763 et Richard Murray en 1764.

Du coté de l'administration de la mission de Chicoutimi, le Père de La Brosse sera le dernier jésuite à desservir le poste à temps plein. Suite à sa mort, en 1782, les prêtres séculiers ne seront de passage que quelques semaines par année sur le territoire. Cette situation perdurera jusqu'en 1845.


Après la fondation

Fondée en 1842 par Peter McLeod (Fils) à l'expiration du bail de la Compagnie de la Baie d'Hudson qui interdisait la colonisation, la ville de Chicoutimi se développe surtout au début du XXe siècle comme ville industrielle avec la pulperie. À partir de la crise des années 1930, la vocation de la ville change pour devenir surtout commerciale et administrative.

En 2002, la ville fusionne avec ses voisines pour devenir la ville de Saguenay.

 

Ligne du temps

Jusqu'au 18 février 2002, ville québécoise de la région administrative du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis cette date, arrondissement de la nouvelle ville de Saguenay. Les extraits du communiqué officiel suivant font état des changements survenus:

"La ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole, madame Louise Harel, a annoncé aujourd'hui la prise du décret de constitution de la nouvelle
Ville de Saguenay, qui regroupera, dès le 18 février 2002, les villes de Chicoutimi, de Jonquière, de La Baie
et de Laterrière, les municipalités de Lac-Kénogami et de Shipshaw ainsi qu'une partie du canton de Tremblay.

Les structures

La nouvelle ville est divisée en trois arrondissements:

- L'arrondissement Chicoutimi englobe les anciennes villes de Chicoutimi et de Laterrière ainsi qu'une partie du canton de Tremblay; (...)

- L'arrondissement Chicoutimi a 8 conseillers - soit, selon les anciens territoires, 6 pour Chicoutimi et un chacun pour Laterrière et la partie regroupée du canton de Tremblay; (...)

Les arrondissements sont divisés en autant de districts électoraux qu'ils ont de conseillers. Chacun des arrondissement est doté d'un conseil composé des conseillers qui représentent l'arrondissement au conseil de la ville. Le conseil d'un arrondissement désigne parmi ses membres un président de l'arrondissement. (...)

La première élection

Le président d'élection pour la
première élection générale
, tenue le 25 novembre prochain, est madame Hélène Savard, greffière de la Ville de Chicoutimi. (...)"

Source:
communiqué du Cabinet de la ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole, 28 juin 2001

Rue Racine, Chicoutimi, vers 1927
Source: Archives nationales du Canada, PA-044313

 
Dernière mise à jour de cette rubrique le 16/05/2008




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